Ronaldo de Assis Moreira, alias Ronaldinho Gaucho, a donc signé à l'AC Milan. C'est la série de l'été catalane qui s'achève. Malheureusement, cette série n'était pas à l'eau de rose, comme on en a l'habitude. La fin n'était pas "à l'américaine" et il n'y avait ni gentils ni méchants. Retour sur une histoire inhabituelle qui a bien commencé et qui a fini en queue de poisson.
On dit souvent de Ronaldinho qu'il est né avec un ballon de foot dans les mains ; il est peut-être même né avec un sourire sur son visage. Ce sourire, cette joie de vivre, c'est en effet ce qui caractérise sa jeunesse et son début de carrière.
A 7 ans déjà, sa passion pour le jeu est immense. Dans son club de Porto Alegre, il est vite considéré comme un grand espoir. C'est ainsi qu'il se fait remarquer par le Gremio FBPA, club en faveur duquel il signe son premier contrat pro en 1997.
En 2001, c'est la consécration pour Ronnie. Il signe en effet en au Paris SG, en Europe, ce qui est un rêve pour des millions de sud-américains. Malgré des tensions avec son entraîneur, Luis Fernandez, il éblouit les supporters avec des buts et des gestes techniques parfois extraordinaires. Mais surtout, sa joie de vivre et de jouer au football est contagieuse pour tous les amateurs de football.
C'est donc avec un statut de star qu'il débarque au FC Barcelone, au début de la saison 2003/2004. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il va confirmer ce statut... En effet, dès sa première saison, il est élu meilleur joueur de la Liga. Capable d'éliminer n'importe quel adversaire grâce à sa technique et sa vivacité exceptionnelles, il contraint bon nombre de défenseurs à passer des nuits blanches avant de l'affronter.
A cette époque, Ronaldinho est un modèle non seulement sur le terrain, mais aussi en dehors du terrain. Très disponible avec les journalistes et les fans, il comble de bonheur les culés blaugranas. Dans le même temps, le Brésilien devient ambassadeur contre la Faim pour le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et s'investit pour les jeunes issus des favelas brésiliennes.
C'est sans surprise qu'il reçoit le Ballon d'Or 2005, consécration suprême pour tout joueur de football. Cette année est ponctuée de deux matches (parmi tant d'autres) qui contribuent à forger sa légende. Le 9 mars, en Ligue des Champions contre Chelsea, Ronaldinho inscrit ce qui restera comme l'un des plus beaux buts de sa carrière. Il reçoit le ballon en dehors des 16 mètres, effectue une sorte de danse devant le défenseur et place un pointu dans le petit filet. Le pauvre Anglais se demande toujours ce qui lui est arrivé.
Le deuxième match est un match qui est resté gravé dans le coeur de tous les culés. Le 19 novembre 2005, le Barça réussit l'exploit d'aller s'imposer 0-3 à Madrid lors du Clasico. Ronaldinho marque deux buts somptueux au terme de solos dans la défense madrilène. Une partie du public madrilène a même applaudi debout le prodige brésilien.
Malheureusement il y a un mais, et ce mais est de taille. Après le sacre européen du FC Barcelone (en 2006), Ronaldinho passe complètement à côté de son Mondial avec la sélection brésilienne. C'est ce qui marque le début du déclin de la star brésilienne.
Il y a tout juste deux ans, qui eut cru que Ronaldinho s'en irait sans gloire de Barcelone, pour la "modique" (guillemets obligatoires, gardons les pieds sur terre!) somme de 21 millions d'euros? Personne. Les clubs se l'arrachaient, Chelsea proposait même 70 millions d'euros pour le Brésilien, et le Barça tentait de lui faire signer un contrat ultra-longue durée. Tous les socios rêvaient de le voir porter à vie la tunique blaugrana qui, selon eux, lui allait si bien.
Depuis, tout s'est écroulé. Cette joie de jouer, cet amour de la vie a fini par se retourner contre lui. Ronaldinho a découvert les discothèques catalanes, a mal géré son hygiène de vie, prenant régulièrement du poids. Ses déboires personnels additionnés à la baisse de confiance de la part de son entraîneur Frank Rijkaard ont provoqué deux saisons "noires", ou plutôt "blanches", puisque vierges de tout titre.
Aujourd'hui, Ronaldinho n'entrait plus dans les plans du nouvel entraîneur Josep Guardiola. Il a donc eu le choix entre deux clubs, l'un pas qualifié pour la Champions League (Milan AC) et l'autre méconnu sur la scène internationale (Manchester City). C'est l'ultime preuve de la spectaculaire chute de sa cote, aussi bien auprès des supporters que des clubs et que de la presse.
Malgré tout, on peut affirmer sans risque de se tromper que Ronnie a marqué l'histoire du club catalan. Il était le véritable baromètre du jeu blaugrana. Sa montée en puissance a coïncidé avec le retour des années de gloire et sa déchéance a coïncidé avec le début de la crise au sein du FC Barcelone. Son attitude fair-play et toujours positive a fait que personne ne l'oubliera en Catalogne.
Désormais, il se lance dans un nouveau défi avec le Milan AC. Souhaitons-lui toutes les chances de réussite, et souhaitons-lui surtout de pouvoir revenir un jour au Camp Nou, où, n'en doutons-pas, une standing ovation lui sera réservée.
To be continued...
Article de Ludo en collaboration avec Wikipédia pour footespagnol.net, tous droits réservés.
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Nicolas 20:39 on 16 juillet 2008 Permalink
Article très complet, excellent!